Penser les pratiques pour soutenir le travail
L’analyse des pratiques professionnelles ne constitue ni un temps de formation, ni un espace de résolution immédiate des difficultés rencontrées par les équipes. Elle vise à créer les conditions d’une réflexion collective sur les situations professionnelles, afin de permettre aux participants d’élaborer leur expérience, d’interroger leurs pratiques et de construire ensemble de nouveaux repères.
Les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux évoluent aujourd’hui dans des environnements de plus en plus complexes. Les transformations des organisations, les évolutions des métiers, le développement du travail en réseau, la diversification des publics accompagnés et les responsabilités croissantes confiées aux professionnels rendent plus nécessaire que jamais l’existence d’espaces où les pratiques peuvent être pensées collectivement.
L’analyse des pratiques constitue l’un de ces espaces. Elle offre un cadre où l’expérience professionnelle peut être mise en travail, discutée, confrontée à d’autres points de vue et progressivement élaborée, dans le respect des personnes, des institutions et des missions qui leur sont confiées.
Une pratique fondée sur l’expérience, la clinique et la recherche
Depuis 1997, j’interviens auprès d’équipes relevant de secteurs professionnels variés : établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, services de psychiatrie, équipes de psychologues, structures associatives, collectivités, institutions publiques et organismes privés. Cette pratique s’appuie sur une double exigence. La première est clinique. Elle suppose une expérience durable de l’accompagnement des équipes, une connaissance approfondie des institutions et une attention constante aux dimensions psychiques, relationnelles et organisationnelles à l’œuvre dans les situations professionnelles. La seconde est scientifique. Docteur en psychologie clinique, enseignant-chercheur et habilité à diriger des recherches (HDR), je poursuis une activité de recherche qui nourrit en permanence ma pratique d’intervention. Cette articulation entre clinique, recherche et enseignement constitue, à mes yeux, une condition essentielle d’une analyse des pratiques exigeante, capable d’intégrer les apports de la clinique contemporaine sans réduire les situations rencontrées à des modèles d’interprétation préétablis.
Des dispositifs construits avec les institutions
Je ne propose pas un modèle unique d’analyse des pratiques. Chaque dispositif est élaboré avec l’établissement à partir de sa demande, de son histoire, de son organisation, de ses missions et des questions auxquelles les professionnels sont confrontés. Le cadre de l’intervention – composition des groupes, fréquence des rencontres, durée des séances et modalités de travail – est défini conjointement afin de répondre aux besoins spécifiques de l’institution tout en garantissant les conditions nécessaires à un véritable travail d’élaboration. Selon les contextes, ces interventions peuvent prendre la forme de dispositifs d’analyse des pratiques professionnelles, de supervision, de régulation d’équipe ou d’autres espaces de réflexion clinique.
Le cadre des interventions
Chaque intervention est conçue sur mesure. Toutefois, les dispositifs d’analyse des pratiques reposent généralement sur quelques principes :
• groupes de 3 à 8 participants ;
• séances de 1 h 30 à 3 heures ;
• rythme mensuel (10 à 11 séances par an) ;
• intervention dans les locaux de l’établissement ou dans un lieu défini avec celui-ci ;
• travail à partir de situations apportées par les participants, sous forme orale ou écrite.
Ces modalités sont toujours adaptées aux réalités et aux objectifs de l’institution.
